mercredi 13 avril 2016

Chronique : L'arabe du futur, tome 1 de Riad Sattouf





Résumé :


Ce livre raconte l'histoire vraie d'un enfant blond et de sa famille dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d'Hafez Al-Assad.

Mon avis :


Pour rappel, j'ai lu le tome 2 avant le tome 1 sans que cela ait une incidence sur la compréhension de l'histoire.

C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé Riad Sattouf dans ce premier tome cette fois un peu plus accès politique que le second qui parlait surtout des mœurs.
Encore une fois, j'ai trouvé ma lecture à la fois drôle, cruelle et passionnante. En effet, Riad et sa famille quittent la France pour s'installer d'abord dans la Lybie de Khadafi puis en Syrie dans le début des années 80. Le drôle, c'est le décalage entre l'admiration qu'a le père de Riad pour les grands dictateurs arabes de l'époque (à l'époque) et ce que l'on sait de la misère qu'ils ont contribué à conserver avec notre recul d'aujourd'hui. Toujours est-il que la famille Sattouf s'installe en Lybie et découvre les joies de la non-propriété : Khadafi avait instauré le fait que personne n'avait le droit de fermer les portes de son logement à clé et, si un logement est vide lorsqu'on ouvre la porte, alors, on peut s'installer et mettre les affaires des anciens occupants dehors.

Pleins d'anecdotes nous sont contées, je les ai trouvé fascinantes tout en ayant conscience qu'elles étaient absurdes (à l'image du pouvoir). Finalement, le régime de Khadafi effraie un peu notre famille qui s'envole pour la Lybie et rebelote pour la découverte de nouvelles habitudes, coutumes, d'histoires de famille, etc.
Le style de Riad Sattouf est fin : il dessine et nous fait voir les choses avec les yeux d'un enfant mais écrit et critique avec sa position d'adulte. De cette manière, le lecteur ne s'y trompe pas : ce qui paraissait merveilleux à l'enfant semble aujourd'hui scandaleux à l'adulte. Mais ce qui était déjà scandaleux à l'époque l'est encore de nos jours.
Si j'ai réellement aimé ma lecture et que je vous la recommande également, je l'ai trouvé légèrement en deçà du tome 2 et je suis un peu affectée face à la passivité de la maman du jeune Riad. Quand le père fait figure d'un intellectuel au caractère fort avec un avis sur tout, la mère est plus effacée, elle s'exprime peu, se rebelle peu mais repasse souvent le linge.

Ceci étant dit, je suis une fan absolue de l'auteur et je me suis déjà procurée Les cahiers d'Esther : histoire de mes 10 ans.


Ma note :


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