dimanche 6 décembre 2015

Chronique : Je suis la Reine de Anna Starobinets





Résumé :


Maxime, sept ans, vit avec sa sœur et leur père à Moscou. Bientôt des transformations déconcertantes s'opèrent chez le petit garçon. De quel hôte est-il devenu la proie? Les "histoires inquiétantes" de ce recueil font évoluer des personnages poignants dans une Russie contemporaine sombre et absurde. Ici, un employé de bureau développe des sentiments troubles pour une denrée moisissant au fond d'un réfrigérateur. Là, un dresseur de chiens se réveille dans un train à côté d'une femme qu'il n'a jamais vue mais dit être son épouse, et qu'il devra apprendre à aimer... D'une plume extraordinairement poétique, "Je suis la reine" brouille les frontières entre réel et imaginaire et offre une représentation saisissante de la folie et de l'horreur quotidiennes.

Mon avis : 


Je découvre Anna Starobinets avec ce recueil de nouvelles que j'ai bien aimé tant grâce aux thèmes abordés que grâce à l'écriture de celle-ci qui est accessible et rapide à lire. Je lirai volontiers Le dernier vivant du même auteur s'il sort en poche un de ces quatre.

Dans Je suis la Reine, six nouvelles tournent autour des thèmes de la famille et de l'enfance abordés sous un jour plutôt cruel. Les personnages y sont étrangement seuls et souvent, atteints de maladie mentale (schizophrénie, envie de vengeance obsessionnelle, troubles du comportement). C'est une lecture qui m'a bousculé car, je l'ai dit, elle est assez sombre. Je prends pour exemple la nouvelle qui s'intitule L'agent dans laquelle le personnage principal fait manger un tesson de verre à une jeune enfant. Je pense que ça vous aide à saisir l'ambiance malsaine générale.

C'est justement cette ambiance malsaine, glauque, cruelle que j'ai beaucoup aimé. Les personnages ne sont pas épargnés et ça donne un petit quelque chose de vivifiant !
Autre point que j'ai apprécié : toutes les nouvelles se déroulent en Russie, on ne sait pas bien à quelle époque mais que j'estime être contemporaine et c'est la classe moyenne qui y est le plus largement représentée. La Russie, pour moi, c'est presque un mythe, c'est la capitale du kitsch, coincée entre la culture européenne et asiatique, j'adore.

Je ne saurais que vous recommander cette lecture, d'autant plus qu'elle est très abordable, rien de compliqué, un brin décalée.



Ma note :
 

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