jeudi 15 octobre 2015

Chronique : La dernière nuit du Raïs de Yasmina Khadra

Résumé :

« Longtemps j'ai cru incarner une nation et mettre les puissants de ce monde à genoux. J'étais la légende faite homme. Les idoles et les poètes me mangeaient dans la main. Aujourd'hui, je n'ai à léguer à mes héritiers que ce livre qui relate les dernières heures de ma fabuleuse existence.
Lequel, du visionnaire tyrannique ou du Bédouin indomptable, l'Histoire retiendra-t-elle ? Pour moi, la question ne se pose même pas puisque l'on n'est que ce que les autres voudraient que l'on soit. »
 

Avec cette plongée vertigineuse dans la tête d'un tyran sanguinaire et mégalomane, Yasmina Khadra dresse le portrait universel de tous les dictateurs déchus et dévoile les ressorts les plus secrets de la barbarie humaine.

Mon avis :

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge des cinq continents.
 
Je vous parle aujourd'hui du seul livre de la rentrée littéraire que j'ai lu. 
Ce roman a retenu mon attention pour deux raisons. La première sont les louanges que l'on m'a faites de l'auteur. La seconde, c'est le thème et le personnage principal : Mouammar Khadafi.
Le colonel Khadafi, je le rappelle très rapidement, est mort le 20 octobre 2011 après avoir été " le Guide de la Révolution " en Libye puis abusé de son pouvoir à coup de répression auprès de la population.

Le roman parle de ça : les dernières heures de Khadafi.

L'image que je garde de cet homme est celle-ci :

 L'image d'un homme au regard très dangereux, au regard fou.
Son regard, même derrière un écran de télévision me faisait frémir de peur.

La dernière nuit du Raïs raconte comment Khadafi est devenu ce fou tyrannique. L'auteur utilise la technique du flash-back pour nous faire rencontrer l'enfant turbulent, sans père, qu'il a été ou le jeune homme dont la demande en mariage a été rejetée. Adulte, le lecteur le retrouve leader autoritaire, héroïnomane paranoïaque, susceptible, narcissique, implacable envers son peuple, son entourage et ses sergents.

J'ai beaucoup aimé ma lecture. Yasmina Khadra réussit haut la main l'exercice en faisant découvrir le point de vue de Khadafi sur ses derniers instants de vie - car c'est lui le narrateur. Je me suis surprise à trouver une écriture raffinée, poétique, douce, qui malgré la folie de l'homme, m'a fait ressentir de la pitié à son égard. Presque, j'ai eu envie qu'il s'en sorte.

C'est le premier livre de Yasmina Khadra que je découvre et je n'en resterai pas là. Ce roman ce lit très vite, pas trop long, il s'arrête au bon moment.

Sans ambages, c'est une lecture que je vous recommande tant elle est juste et forte.

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